1. Cupressus sempervirens L. – Cyprès commun
Originaire de l’Est du bassin méditerranéen, de la Grèce jusqu’en Asie Mineure, il est présent en France, en Espagne et en Italie depuis l’Antiquité. Cette essence, emblématique des paysages méditerranéens, est une pionnière très adaptable et résistante à la sècheresse. Même chez les sujets matures, son écorce reste lisse et filandreuse, d’un brun gris à foncé, qui laisse apparaître avec le temps des sculptures longitudinales.
Le bois, très dense et presque imputrescible, est apprécié des ébénistes. Dans l’épisode biblique du déluge, l’Arche de Noé était en bois résineux, ou bois « gofer » ou « gopher ». Les Phéniciens, les Assyriens, les Romains et les Grecs l’utilisaient pour la construction de navires, de portes de temples et de cercueils. Il était déjà à l’époque considéré comme l’arbre de deuil, ce qui explique peut-être qu’il est si fréquemment planté dans les cimetières. L’huile essentielle, extraite à partir des rameaux, est utilisée pour ses propriétés sur la circulation veineuse et lymphatique, notamment ses propriétés vasoconstrictrices.
2. Tilia cordata Mill. – Tilleul à petites feuilles
Cette espèce de feuillus est originaire d’Europe et bien qu’elle y soit assez répandue, elle ne forme pas de peuplements purs. Son écorce lisse et grise pour les jeunes spécimens puis avec l’âge, il y a la formation d’un rhytidome brun-gris à gris foncé laissant apparaître des sillons le long du tronc et des crêtes très saillantes. Le tilleul à petites feuilles abrite de nombreuses espèces d’insectes : le gendarme, ou cordonnier (Pyrrhocoris apterus), sans doute le plus connu, la coccinelle à virgule (Exochomus quadripustulatus) qui se nourrit de parasites de l’arbre et l’Oxycarenus lavaterae, une petite punaise de la famille des Lygaeidae. Toutes ces espèces hibernent dans les fissures de l’écorce ou la litière.
3. Populus tremula L. – Peuplier tremble
Cette essence pionnière est originaire d’Europe, de Sibérie et d’Asie Mineure et d’Afrique du Nord. Son écorce brune jaunâtre, assez reconnaissable, est ponctuée de lenticelles en forme de losange. Le bois tendre et léger est utilisé pour la pâte à papier, la menuiserie, panneaux de meubles, emballage, le déroulage (fabrication d’allumettes), certains toits d’église en Russie, car en vieillissant, le bois prend la couleur de l’argent et le calage d’arbres de cimenterie.
L’écorce a des propriétés fébrifuges (propriétés médicinales). L’écorce interne ou xylème est utilisée dans une tisane pour traiter la fièvre, la toux et la douleur. Elle contient de la salicyline, qui se trouve également dans les saules et est l’ingrédient de base de l’aspirine. C’est une plante mellifère intéressante principalement pour son apport en propolis très tôt dans la saison apicole.
4. Taxus baccata L. – If
Présent dans toute l’Europe, l’If fut pourtant menacé d’extinction, surtout au Moyen-Âge du fait que son bois étant très réputé pour sa souplesse, sa durabilité mais aussi son beau brin de couleur rougeâtre et de sa croissance extrêmement lente. Les armées l’ont donc surexploité pour fabriquer des arcs, alors armes stratégiques de prédilection à l’époque.
Cet arbre souffrait toutefois d’une dangereuse réputation puisqu’il referme dans toutes ses parties (à l’exception de la petite arille rouge autour de la graine) de la taxine qui est un poison mortel. En France, il ne reste que quelques spécimens millénaires (notamment en Normandie) et de rares reliques de forêts comme celle de Sainte Baume en Provence. De récentes études ont montré que l’if possédait des propriétés anticancéreuses, if faut bien que sa réputation change !
5. Salix alba L. – Saule blanc
Le saule blanc est une espèce ligneuse indicatrice de milieu humide (forêt alluviale, forêt humide, dune) et sert à la stabilisation des cours d’eau et lors de projet de renaturation. Salix alba est le plus grand des saules indigènes. Généralement lisse dans les jeunes années, son écorce devient plus rugueuse avec l’âge (formation de rhytidome écailleux gris-brun fibreux) et est parcouru de crêtes larges et de fissures transversales moins profondes.
Le saule blanc est utilisé pour produire de l’osier. Il a pour cela longtemps été taillé en « têtard » afin de stimuler la production de jeunes rameaux souples. De nos jours, cette taille est plutôt motivée par des raisons de contrôle de la pousse des arbres. C’est également un arbre utilisé pour l’ornement des grandes villes, comme à Paris où la villa de la Saulaie prit son nom en raison des saules blancs qui y furent plantés. Il fournit un bois de sculpture, pouvant se tailler nettement dans tous les sens. Le bois de saule brûle rapidement donnant « un coup de feu » apprécié des boulangers.
Il s’agit aussi d’une plante mellifère : les chatons mâles sont porteurs de pollen apprécié des abeilles (et les apiculteurs), la floraison intervenant à une époque précoce, dépourvue de fleurs recherchées par ces insectes. Le saule possède aussi des propriétés pharmaceutiques connues depuis l’Antiquité : la salicyline (principe actif de l’aspirine) est extraite de son écorce.
6. Fagus sylvatica L. – Hêtre commun
Le hêtre pousse naturellement dans une grande partie de l’Europe, du sud de la Suède à la Sicile, il est naturalisé en Asie et aux États-Unis. D’une couleur gris de plomb à gris argenté, son écorce est lisse, dépourvue de fissure et d’écailles, le suber tombe en une fine poussière gris pâle.
Son écorce astringente est utilisée comme fébrifuge. En herboristerie, on utilise sous forme de décoction l’écorce séchée, cueillie en février sur les rameaux de deux à trois ans d’âge, pour cette propriété. L’agronome A. Fleury de la Roche en indique également l’usage sous forme de poudre, dans le traitement de la goutte, du rhumatisme, des hydropisies et des affections cutanées rebelles. Les jeunes feuilles peuvent être consommées crues en salade (saveur proche de celle du chou) ou cuites au beurre. Le bois du hêtre est aussi très utilisé dans la fabrication de nombreux objets et ustensiles. Son grain fin et court en fait un bois facile à travailler notamment en petite menuiserie et il peut être facilement courbé par cintrage.
La confusion avec le charme étant assez courante, voici un petit moyen mnémotechnique apprécié des botanistes humoristes « Le charme d’Adam, c’est d’hêtre à poils ! ».
En effet, les feuilles de charme ont des petites dents sur les bords tandis que les feuilles de hêtre sont ornées de petits poils soyeux !
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